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La Vie #2 La magie de la naissance

Je vous avais laissés avec un peu de suspense, arrivée à terme, à un jour du déclenchement… Mais que s’est-il passé ensuite ? J’avais envie de raconter cette naissance comme si je m’adressais à ma fille, j’espère que ça ne vous gênera pas…

Ça y’est. On y est mon bébé. Ça aura pas été aussi facile que je ne le pensais, mais on y est arrivées. Demain, c’est le jour du  « terme » de notre grossesse. Je met des guillemets, parce que je sais bien maintenant que ce n’est qu’une date théorique, cochée sur un calendrier… Je souris, parce que tout le monde nous prédisait ton arrivée en avance. Allongée deux mois pour être sûre de te garder au chaud le plus longtemps possible, voilà que tout compte fait on est allées jusqu’au bout. Demain soir, je vais être « déclenchée », à l’hôpital. Ne m’en veux pas ma chérie, à l’époque je ne savais pas, que ça pouvait être néfaste pour toi. J’étais mal renseignée, tellement centrée sur cette menace d’accouchement prématuré que je n’ai rien préparé du tout. Je n’arrive plus à dormir et on m’a dit que pour mon bien il fallait accoucher le jour du terme…

Il est 4h du matin, et je pense à tout ça… Et je contracte. Oh, ça ne m’inquiète pas, ça fait des mois maintenant que je connais cette sensation. Cette idée de déclenchement me laisse un sentiment de malaise. Je me tourne et me retourne, mais le sommeil a décidé d’aller voir ailleurs si j’y suis. Et je contracte. Je trouve quand-même que c’est un peu plus inconfortable que d’habitude. Alors je sors du lit et vais me faire couler un bain. J’y reste un bon moment, ça fait du bien, mais ça ne calme pas les contractions. Je sors et vais au salon, armée de mon chronomètre. On m’a dit « tant que ce n’est pas régulier, ce n’est pas le travail ». Je suis perplexe parce que je sens bien moi, qu’un truc est différent. Mais clairement, ce n’est pas régulier. 3 minutes par ci, 2 minutes par là, 5 minutes maintenant… En même temps, j’ai contracté tellement ces 3 derniers mois, que je me dis que peut-être, ces contractions là se mêlent aux « vraies » et que ça fausse le calcul. Ça fait 4 heures que ça dure et c’est de plus en plus compliqué à gérer toute seule, alors je vais chercher El Papa, qui dort comme un bienheureux, pour lui dire que je crois qu’il se passe quelque chose.

On ne se stresse pas, on prépare tout ce qu’il nous faut, il m’aide à m’habiller, on rit nerveusement. Dans la voiture, je me plie en deux, ah ouais, ça commence à ressembler à ce que j’imaginais. On arrive à l’hôpital 5 heures après les premières « vraies » contractions. On m’installe dans le couloir pour patienter, et je reste debout, à marcher un peu, me plier en deux, rire et pleurer. Une urgence est arrivée avant nous, et une juste après. Cette future maman, arrivée seule sur ses deux jambes, que je vois ressortir de la salle d’examen sur un brancard et entourée de soignants… Cette image fait monter le stress en moi. Je vais accoucher. Ça va vraiment m’arriver, nous arriver ! Après une heure dans le couloir, on m’examine. Verdict : 4 centimètres. On peut y aller, on nous garde. Je n’imaginais pas un autre scénario mais je suis soulagée. Arrivée en chambre les contractions commencent à être dures à gérer. Cette position allongée sur le dos ne doit pas aider, mais je ne savais même pas qu’on pouvait se mettre autrement… On m’installe une perfusion et on me demande si je veux la péridurale. Je dis banco, amène la came. l’anesthésiste arrive et la place rapidement, ouf, c’est moins douloureux que ce que j’imaginais. On me recouche. Seulement voilà… Je le savais, mon bébé, que ça pouvait ne pas marcher. Tu sais, dans le dos j’ai des plaques et des vis, et on l’a ouvert tant de fois que le tissu cicatriciel est un peu partout et imprévisible. Alors le produit « miracle » n’a pas trouvé son chemin. La sage femme, elle, me dit d’attendre encore, que ça va agir. Et dans la foulée, elle perce la poche des eaux.

… Et tout bascule. Moi qui pensais savoir ce qu’était une contraction, moi qui me félicitais d’arriver à « gérer » pas si mal, je découvre le sens du mot « douleur ». La péridurale n’aura aucun effet, pas même quelques picotements dans les jambes. Ma douleur est démultipliée depuis que la poche est vidée, je ne comprends pas ce qui m’arrive… Je vomis entre chaque contraction, je supplie ton papa de m’aider. Il est perdu, ne sait plus quoi faire. Je suis bloquée sur le dos, reliée à une perfusion pour une péridurale sur laquelle je ne compte plus depuis un moment. J’ai envie que tout s’arrête, je dis « tu penses quoi de l’idée d’un enfant unique ? ». Je n’arrive pas à me reposer entre les contraction, je répète « non, non, non… » chaque fois que j’en sens une arriver. Et puis arrive un moment ou j’ai l’impression de ne plus avoir aucun répit. Je dis à ton papa d’aller chercher quelqu’un, et vite.

La sage femme entre, m’examine et annonce « elle arrive ! ». Elle prépare le chariot, enfile des gants, et m’encourage. Moi je lui dis que je n’y arriverais jamais, que c’est impossible. Elle me dit d’un ton ferme qu’il n’est pas envisageable que je n’y arrive pas. Et enfin, enfin, je peux pousser. Avant d’accoucher, c’est du moment de ta sortie dont j’avais peur. Plus maintenant. Maintenant, je veux t’aider à sortir de ton cocon et te prendre dans mes bras. Je suis dans un monde parallèle, de fatigue, de sueur, de poussées et d’un mélange entre découragement et énergie. Heureusement, tu avances vite. On me demande si je veux toucher tes cheveux. J’arrive à peine à réfléchir, je dis « non, non, je veux juste qu’elle sorte ».

Et te voilà. Parfaite. Merveilleuse. Unique. On te pose sur moi et je pleure, je ris. El Papa aussi pleure et rit. On n’en revient pas. Il me félicite : « Tu l’as fait ! ». On l’a fait. Je sanglote d’un bonheur tellement énorme qu’il me semble déborder de tous mes pores. Mon bébé, ma Kiniss’.

Après 9 heures de travail, dont 5 à la maison, te voilà près de nous. Pour un premier bébé, c’est plutôt une belle performance, pas vrai ? Je suis désolée de ne pas mieux m’être renseignée tu sais, je n’ai pas un souvenir traumatisant de cet accouchement, mais si j’avais pu bouger, me positionner autrement, refuser qu’on me perce la poche, je crois que tout aurait été plus facile. Merci mon bébé, d’avoir pointé le bout de ton nez la veille du déclenchement. Et tu sais quoi ? je me réjouis qu’un jour tu deviennes une grande soeur, pour revivre un accouchement, en prenant en compte tout ce que le tien m’aura appris.

(Alice a maintenant deux ans, et j’espère que vous aurez envie de partager ses aventures à nos côtés !)

PS : Vous pouvez me retrouver sur Facebook, Twitter ou Hellocoton !

6 Comments

  1. Très bon témoignage! ça rappelle des souvenirs!

    • mamaaan mamaaan

      Merci beaucoup ! Rien que de l’écrire je revivais tout ça, et j’avais envie de remettre le couvert ! Ahah

  2. Quel beau récit. J »aimerais tellement arriver à décrire le mien, mais je me rappelle de si peu de choses… J’estime avoir eu un accouchement de rêve, mais également, ça m’a appris des choses, et pour le prochain je l’envisage bien moins médicalisé, mais je ne regrette rien, je suis sure que c’est ce dont j’avais besoin pour le premier.
    Merci pour ce récit.
    Bises

    • mamaaan mamaaan

      Je suis comme toi, j’avais besoin de ce cadre, d’être rassurée, guidée pour ce premier accouchement, mais je sais aussi que le second sera différent :) Merci pour ton commentaire !

  3. […] Avant la naissance de Kiniss’, c’est simple, je pensais que tout le monde accouchait à l’hôpital, couchée sur le dos, les pieds dans les étriers. Que n’importe quelle femme saine d’esprit prenait la péridurale, et que n’importe quelle décision prise par le corps médical était la bonne. C’est donc dans cet état d’esprit que j’ai accouché (voir mon récit ici). […]

  4. Comme toi si j’avais su que je n’étais pas obligé de rester allonger, j’aurais pu « apprécier » ce moment. Mais bon, je me rattraperais pour le prochain!

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