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Une naissance respectée, qu’est ce que c’est ?

Avant la naissance d’Alice, c’est simple, je pensais que tout le monde accouchait à l’hôpital, couchée sur le dos, les pieds dans les étriers. Que n’importe quelle femme saine d’esprit prenait la péridurale, et que n’importe quelle décision prise par le corps médical était la bonne. C’est donc dans cet état d’esprit que j’ai accouché (voir mon récit ici).

Depuis… C’est comme si devenir maman avait changé quelque chose dans mon cerveau. Je voulais tout savoir. Alors je me suis mise à lire, encore et encore, sur tous les sujets ayant trait à la parentalité. Le sommeil des enfants, leurs émotions, l’allaitement, les différents types de pédagogies, mais également tout ce qui concerne la grossesse et la naissance, alors que je ne l’avais pas fait jusque là. Et j’ai appris beaucoup de choses. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’une d’elles : La naissance respectée.

Mais qu’est ce que c’est, une naissance respectée ?
C’est d’abord une naissance ou l’on a informé la future maman de toutes ses possibilités. On a le droit d’accoucher sur le côté. Ou à quatre pattes. Ou accroupie. Ou dans l’eau. On a le droit de demander à bouger et marcher pendant le travail. Il existe des monitorings nomades qui le permettent. On a le droit de refuser le placement d’une perfusion « au cas où », qui viendra entraver nos mouvements. Si bébé va bien et vous aussi, on a le droit de refuser qu’on perce la poche des eaux, ou qu’on déclenche l’accouchement. On a le droit de demander un accouchement par voie basse après une césarienne. On a le droit d’essayer d’accoucher par voie basse d’un bébé en siège. On a le droit de dépasser le terme. Toutes ces choses, relèvent de la physiologie. On ne va pas forcément vous en faire part, et c’est une erreur…

C’est ensuite une naissance ou le personnel ne fera pas d’intervention « de confort ». Déclencher votre accouchement ou provoquer une césarienne juste pour que ça ne tombe pas le weekend par exemple. (C’est une pratique qui existe véritablement, chiffres à l’appui). Ne pas faire d’épisiotomie d’office, qui cicatrisera moins bien qu’une déchirure « naturelle ». Refuser que la maman soit autrement que couchée sur le dos, pour le confort du soignant. Dans le cas d’une césarienne, c’est aussi permettre au papa d’être là, et tout faire pour qu’il puisse y avoir un peau à peau avec la maman, toujours en salle d’op, juste après la naissance.

C’est du respect, en fait. Respecter le projet de naissance des parents autant que possible. Accepter de répondre aux questions. Ne pas effectuer d’actes invasifs inutiles (touchers vaginaux multiples, appui sur le ventre…) C’est se souvenir que l’actrice principale, celle que l’on doit aider, c’est la maman. Qu’on ne se moque pas d’une femme qui désire accoucher sans péridurale. Que ce n’est pas anodin d’accélérer le travail artificiellement. Rien que le terme « accoucher quelqu’un » est révélateur. Comme si ce n’était pas la femme elle même qui faisait le boulot. Comme si elle n’en était pas capable sans aide…

Ne me comprenez pas mal. Si un bébé est en détresse, c’est formidable qu’il soit possible d’ouvrir le ventre de la maman pour l’en sortir avant qu’il ne soit trop tard. L’évolution de la médecine est un atout indispensable et permet de sauver de multiples vies. Mais ce n’est pas une raison pour se transformer en Dieu tout puissant et reléguer la maman au rang d’objet passif. Donner la vie est un acte fort, unique, à couper le souffle. J’ai la chance d’avoir vécu un accouchement dont je garde un souvenir positif, mais tout le monde n’est pas dans mon cas. Des centaines, des milliers de femmes resteront traumatisées par la façon dont on les as traitées, dépossédées du jour le plus important de leur vie…

Je finirais cet article sur une note qui en fera frissonner beaucoup : On a le droit d’accoucher chez soi. Si toutes les précautions sont prises, que la grossesse s’est bien déroulée, que vous êtes à terme, que bébé va bien… Il n’y a pas plus de risques qu’un accouchement à l’hôpital… Il y a même moins de complications dues aux actes médicaux qu’on aurait effectué en milieu hospitalier. Accoucher à domicile, ce n’est pas être une hippie inconsciente du danger, c’est être une femme qui se sent mieux dans l’intimité de son foyer, accompagnée d’une sage-femme dans laquelle elle aura toute confiance… Tout le monde n’a pas à avoir envie de faire ce choix, mais tout le monde a le droit de savoir que c’est possible. Futures mamans, vous avez des droits, ne vous laissez pas voler votre accouchement par méconnaissance…

Source photo : foter.com

3 Comments

  1. allez je vais te conter la naissance de mes 3 gnomes :
    – camillou dit l ado : cette demoiselle ne voulait pas sortir … pas du tout ! pas de contraction le jour du terme, ni 5 jour splus tard d ailleurs. On décide de provoquer la nature. Samedi 9h, pose d un ovocyte déclencheur … que nenni, le chimique n aura pas agit ! dimanche, pose d une perf à 9h. à 13h en ballade avec mossieur dans les couloirs de la mater, je dois m aggriper à la perfusion ambulante tellement j ai mal. direction la salle d accouchement et 2 doses de péri plus tard, shootée à mort, mon mec en train de pousser la sage femme pour mieux voir, mon beau 1er bb arrive :)
    – nico dit neuneu : alors lui, ce gros bb de 4.4 kg :) je l’ai peaufiné !! il devait arriver le 24 juillet. mais encore point de contraction le jour du terme. examen gyneco pas plaisant et retour à la maison. dans la nuit, je fais pipi au lit (heu non je perds les eaux). direction la mater à 30km (merci les fermetures des petites mater de campagne). et là le travail commence. à 8h30 je réclame la péri. à 9h l obstétricien arrive, jette mon homme hors de la chambre et me dit : césarienne. Pourquoi ??, tout se passe bien !! pourquoi ne pas m avoir prévenu hier ? mais madame, le bb est gros, et s il ne passait pas ? et là au fond de moi je me dis « gros cons, ma première faisait 4 kg et j ai accouché sans pb » mais avec la douleur, pouvais plus parler) je sors sur un brancard de la chambre, mon mari pleure, paniqué car personne ne lui dit pourquoi. j accouche en pleurant. je vois mon ventre ouvert sur le ciel de lumière, je sens cette main dans mon corps, sous pas poitrine pour sortir mon fils. je pleure. on m enlève ma naissance. on m enlève mon fils le temps de la salle de réveil. je pleure. au retour dans la chambre, je veux voir mon fils. mais je ne tiens pas sur mes jambes. alors je deviens mauvaise. j insulte, je crie après les sages femmes et l obstétricien. je demande un scan de mon bassin. je passe le scan … on me sort « ah ba il passait votre fils … votre bassin est fait pour les gros bb » . on m a volé cette naissance
    alors je me suis dit quepour la 3ème je ferais COMME je voudrais
    – terminator aka carolyne a eu la naissance de mes rêces. j ai longuement parlé avec la sage femme pendant des mois. je voulais un accouchement doux, j ai fait de la sophro. j ai dit que je ne voulais pas de césarienne. je savais que cela allait être encore un gros bb (4kg). et le jour J (à 5 jours du terme) je suis arrivée zen à la mater, j ai eu ma péri que j ai dosé à mini. j ai pu me mettre assise, sur le côté, mais pas les pieds aux etriers. j’ai poussé doucement, concentrée sur le passage de mon bb (l homme jouait à la game boy à mes côtés ^^). et quand j’ai senti la tête, j ai appelé la sage femme qui a fini le travail. un accouchement de rêve
    au final mes 2 premiers gosses sont des crèmes, la 3ème un monstre sur patte !!!
    mes 3 accouchements auront été tellement différents. mais je regrette la surmédicalisation c est sûr

    je vais revenir ici souvent ! j adore partager ma vie de maman :)

    • mamaaan mamaaan

      Je suis heureuse pour toi que tu aie pu avoir ton accouchement rêvé ! Ton récit pour Nico me donne des frissons, typiquement le genre de schéma qui me hérisse et qui peut vraiment traumatiser longtemps… Je suis contente que tu viennes me lire ici et encore plus qu’on puisse partager ensemble sur le sujet 😀

  2. la césarienne c est un sujet traumatisant pour moi ! je crois que mon corps ne s en remettra jamais (car après j ai fait une mini éventration, et mon ventre en garde des séquelles)
    heureusement que j ai vraiment pu aborder différemment mon 3eme acte d accouchement. mon mari a toujours été près de moi dans ces grossesses et la césarienne reste un traumatisme pour lui

    je pense que ce sujet là devrait être abordé plus souvent … le facteur « peur » de l accoucheur :)

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